#Corse – « Quandu u populu rispondi a a chjama di u statu »

 

unitacopyright15LA DECOLONISATION EN MARCHE

Le couple Etat-Gouvernement a obtenu les 7 et 14 mars des éléments de réponse à la question posée:

« approuvez vous la politique de la France en Corse ? Le vote des territoriales revêtait sans conteste une signification référendaire. Résultats : 49,98% seulement pour les partis étatiques. »

Cette inversion d’une tendance séculaire induit de facto l’émergence historique de forces centrifuges dont le total dépasse la moitié des suffrages exprimés. Le clivage politique en Corse ne se situe plus entre nationalistes et non nationalistes mais bien entre thuriféraires de l’État, et partisans décidés d’une décentralisation réelle et non plus virtuelle.

On aurait cependant tort de considérer le nouveau paysage politique corse selon une formulation aussi simpliste. En fait, les choses sont loin d’être aussi claires, même si les élections du président et de l’exécutif mettent en évidence un durcissement des positions.

L’effritement sensible des partis de l’État, le tassement des formations « corsistes », la progression spectaculaire au sein de la mouvance révolutionnaire de sa tendance la plus patriotique témoignent assurément d’une évolution de l’opinion qui peut s’avérer décisive dans un avenir très proche. Mais l’analyse de ces résultats et les tractations du  » 3è  » tour laissent apparaître combien nous, Corses, ne sommes pas maîtres de notre destin , tant il semble dépendre de la conjoncture internationale et des stratégies de la France.

C’est pourquoi, il importe que le seul mouvement nationaliste représenté tienne compte du fait que sa position est moins stable qu’il n’y paraît. Il lui faut donc regagner les cœurs et aussi les voix perdues qui s’en sont allées renforcer la socialiste « dissidente ».

Simon Renucci apparaît comme le grand gagnant de ces élections. Néanmoins, il ne peut échapper à personne que sa position est surtout très forte sur Aiacciu, ce qui démontre les limites de son implantation géographique sur l’ensemble du pays, mais qui est susceptible d’offrir la première ville de Corse à L.Jospin.

Cependant, on ne saurait oublier que la déperdition du vote nationaliste et même « corsiste  » au second tour lui a été profitable. Si au 3è tour cette liste n’a pu répondre aux appels cacophoniques de la « gauche plurielle « , les manœuvres élaborées mettent un terme à l’existence de la 3è voie. Il est clair en tout état de cause, que l’élection des élus de Corsica Nazione comme représentants du Mouvement National a tenu en échec la stratégie de L.Jospin.

Elle consistait d’une part, à établir un clivage artificiel entre Corsica Nazione, solidaire de la lutte armée, et représentants nationalistes dits « démocratiques  » susceptibles par leur caution de permettre à la liste S. Renucci de renforcer la position passablement érodée de la Gauche « Nationale-Républicaine  » en Corse; d’autre part à travers la personnalité neuve et rassurante du docteur Renucci, elle permettrait de donner à la politique brutale du Gouvernement un visage plus humain. Par delà les objectifs confus et les propos post-électoraux, aussi triomphalistes que vides de sens, la Corse se trouve une nouvelle fois confrontée à une situation bloquée.

La solution ne peut en aucun cas venir d’une Assemblée Territoriale déconsidérée et fonctionnant sous influence.

Le Mouvement National quant à lui, ne sera représentatif de la Corse qu’en restant ferme sur ses positions politiques dans le même temps qu’il s’ouvrira à l’ensemble de la Nation.

C’est bien aux partis politiques de prendre en compte les vœux de la Nation et non le contraire. Les élus de Corsica Nazione pourraient concrétiser rapidement la démarche d’union entamée à l’initiative du Cumitatu di u Fiumorbu autour de préoccupations immédiates ou d’actualité, par exemple:

– les transports maritimes ( proposition d’une démarche commune pour le transfert du siège et du capital de la SNCM),

– l’arrêté Miot (conduite à tenir, Isula Morta, manifestation unitaire),

– la position de principe à adopter face à la venue de L.Jospin en juin prochain

Mais il faudra aussi et surtout entreprendre la réalisation d’objectifs à plus long terme tel que la mise en place d’un corps électoral et d’une Cunsulta Naziunale ; elle et elle seule pourra parachever la marche vers l’indépendance.

JACQUES FAGGIANELLI

 

 

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