#Corse « Proposition de recomposition de la stratégie nationale »

 

LLN-WebuResistenzaIl faut reconnaître que l’ennemi a gagné la guerre psychologique, tant du point de vue politique, que du point de vue  politico-militaire. Continuer dans la voie suivie depuis 1976 est donc suicidaire. C’est faire le jeu de l’ennemi. Quand la bataille est perdue, il faut l’admettre, en tirer les conséquences, se replier, et préparer la contre offensive future.

  1. BILAN DES ERREURS :

A. Ce qu’il ne faut plus faire sur le plan de la communication politique :

  1. Les communiqués pour tout et n’importe quoi, les conférences de presse qui ne mènent à rien et qui ne sont plus lues que par nous-mêmes ; Les contacts personnels « privilégiés » avec les correspondants et envoyés spéciaux des services de propagande parisiens qui font ami-ami ici, et nous assassinent sitôt chez eux
  2. Tomber dans le travers du discours et de la terminologie instillée par l’ennemi : « violence », « perpétré » « commettre », « justice », « droit », « administration », « état français », « syndicats », « clandestins » « partis », « impôts » etc. Notre lutte est : « résistance » ; L’appareil français : les « autorités d’occupation » ;Les serviteurs de cet appareil : des « collabos » ; La presse des « services de propagande » ou des « attachés de presse » du pouvoir ; Les militaires « l’armée de libération » ; L’impôt français est un « racket » etc.
  3. Essayer de répondre aux questions posées est une idiotie ! Elles sont conçues pour nous piéger quelle que soit la réponse ; Il faut faire comme l’ennemi, ne pas répondre, répondre à côté, répondre par une autre interrogation, ou utiliser l’humour (Ex : de questions : Mais enfin, que voulez-vous de la France ? Réponse : Rien, qu’elle s’en aille Ou bien : Que feriez-vous sans la France ? Réponse : Mieux qu’avec elle ! Ne craignez-vous pas le pire ? Comment cela pourrait- il  être pire ! etc.)
  4. Ne plus se contenter de techniques  d’un autre âge (tracts, feuilles de choux pompeusement baptisés : « journal » ; Soirées « culturelles », « manifs » et meetings….) Cela existait déjà sous Karl Marx, on a quand même fait mieux depuis !
  5. Les médias non français doivent être prioritairement sollicités et privilégiés, et la presse, parisienne ou locale, doit faire l’objet d’un refus systématique de commentaire (sauf les rares cas où cela s’avérerait utile). Donc l’internationalisation doit être la seule option en terme de communication journalistique.
  6. Quand nous choisissons une stratégie, il ne faut pas en changer au bout de 3 mois, face à une campagne hostile orchestrée par l’ennemi. Il faut s’y tenir ! Il n’y a que le long terme qui paie (songer que s’ils se donnent le mal de lancer la grosse artillerie, c’est que nous avons touché là où ça les gêne).

B. Ce qu’il ne faut plus faire en terme de choix des interlocuteurs :

Paris est l’ennemi, et notre anéantissement total est son seul but ! En conséquence :

  1. Les conciliabules secrets avec de pseudo envoyés (car ils existeront toujours malgré les dénégations officielles), et les promesses de couloirs, doivent être proscrits.
  2. Les discours polis devant les ministres, comme si nous avions à faire à des interlocuteurs raisonnables à séduire, ne sont pas de mise ; Au contraire il faut les « agresser », les pousser à la faute. Ils ne peuvent nous faire pire que ce qu’ils font déjà, et ce qu’ils ne nous ont pas encore fait ne résulte que d’une question de timing électoral, ou de façade « droitdelhommiste » vis à vis de ses partenaires internationaux.
  3. En appeler à « l’Etat » pour résoudre les problèmes est un contresens et un aveu d’immaturité. C’est ce qu’il faut éviter par-dessus tout. Au contraire notre position doit être, « nous n’attendons rien de la France, nous ne lui demandons rien, sinon une seule chose qu’elle s’en aille ».
  4.  Les approches de compromis ne servent à rien, avons nous oublié « même 200000 corses autonomistes ne changeront pas la Constitution » c’est la seule fois où un représentant de Paris nous a dit la vérité ; À la limite la technique de surenchère du marchand de tapis est plus payante. C’est cette démarche qu’il faut adopter dans le cadre des « négociations sur l’autonomie », qu’il faut en outre présenter comme une étape et seulement une étape.
  5. Ne plus choisir et se contenter d’interlocuteurs en France ; Au contraire il faut privilégier les organisations internationales, européennes (ce devrait être la mission essentielle du responsable de la commission pour les relations avec l’Europe) ou non gouvernementales (Ligue Internationale des droits de l’homme, Comité d’Helsinki etc.). Donc l’internationalisation doit être l’option principale en terme de partenaires non corses.
  6. Ne plus ostraciser les clans en les laissant seuls face à l’ennemi (sans rien oublier de ce qu’ils ont fait et sans angélisme), mais accepter de leur parler, les laisser rêver d’un énième statut, mais leur suggérer ce qu’ils auraient à gagner en se détachant de Paris, les arguments ne manquent pourtant pas ! Le racisme anti corse de l’occupant nous y aide. L’idée générale n’étant pas que nous attendions quelque chose d’eux, mais au contraire de les responsabiliser aux yeux de notre peuple en les privant de la trompeuse position « c’est la faute à Paris » ; Si au passage nous pouvons enfoncer un coin, tant mieux, la paranoïa parisienne fera le reste.

II.LA STRATÉGIE DE RECONSTRUCTION :

La discrétion et le concret  doivent remplacer le montaseguisme. Il faut pour cela :

  1. Se donner comme priorité la mise en place de l’Assemblée Nationale Provisoire : Aucun moyen ne doit être négligé : rencontres bilatérales, réunions en comités, constitutions de nouveau comités, et toute forme d’organisation non rigide, non formaliste mais Paolienne, c’est à dire pragmatique en faisant avec ce qui existe déjà sur place. Le tout en se gardant de toute médiatisation intempestive, du moins dans la première phase, celle de sensibilisation.
  2.  Admettre que cette stratégie prendra 2 ou 3 ans, qu’il s’agit d’une traversée du désert où le « vedettariat » et le « médiatique » n’a pas sa place. Il faut retourner à la base, sur le terrain, et maintenir le cap, envers et contre tout, plus les attaques ou le dénigrement seront féroces et plus cela signifiera qu’il gène l’ennemi.
  3. Cela nécessite la préparation d’un argumentaire, pas au sens d’un « programme commun » qui ne convaincrait plus personne, mais par l’adoption d’un vocabulaire  précis, d’exemples précis, argumentés et adapté à l’interlocuteur, et surtout ne pas contredire les propositions existantes. Pour convaincre, il faut croire soit même à ce que l’on dit..
  4. Constituer des groupes de réflexion « quasi-clandestin », embryon d’un futur « cabinet fantôme », à partir de personnes ressources.  Il faut s’inspirer pour cela de la franc-maçonnerie (les simagrées en moins).
  5. Dans le cadre de l’internationalisation, il faut recourir à Internet pour faire connaître tout ce que nous savons, tout ce qui se fait, toutes les rumeurs, et une permanence pour répondre aux courriers en e-mail. En somme, briser le blocus, contrer la désinformation, refaire un Disinganu mais avec les moyens d’aujourd’hui.
  6. Dans la même idée créer un journal en ligne. Pas un journal pour nous faire plaisir, à usage interne, mais un journal conçu pour informer les autres, car du fait de la France, ils ne savent en réalité rien ou leur vision est totalement déformée.  Pour cela il est nécessaire d’y privilégier l’humour, la dérision, la caricature.
  7. L’idée générale doit être la démolition de l’image que se donne la France. Par le biais d’Internet, il faut  démontrer qu’elle est raciste, arrogante, sectaire, doctrinaire, refermée sur elle-même, nostalgique de son passé colonial et de son ancienne primauté militaire (Louis XIV, Napoléon), non humaniste (mais seulement « humaniste-miroir », c’est à dire « n’est humain que ce qui me ressemble ») ; Qu’elle est l’ancêtre des totalitarismes modernes, un dinosaure. Il s’agit de se doter d’un argumentaire philosophique et juridique en ce sens. Nous ne sommes pas seuls, le « National-Républicanisme » ou « facho bonapartisme » est très mal vu en Europe, et en contradiction avec son processus de construction.
  8. Dans le même esprit, user systématiquement de toutes les procédures juridiques (tribunaux administratifs ou justice pénale), pour diffamation, abus de pouvoir, détournement de la loi, discrimination ou incitation à la haine raciale, grâce à un pool d’avocats. Le but n’est pas d’en attendre une justice, mais d’utiliser la contradiction avec son discours « etatdedroitiste », et diffuser par ce biais les crimes de la France, par Internet. Le but de l’utilisation des voix de droit « français », est de les épuiser toutes afin de parvenir au recours systématique devant les Cours européennes de Strasbourg ou Luxembourg (en effet, nous ne pouvons recourir devant les instances européennes qu’après avoir épuisé les voix de droit « internes ».
  9. Cela signifie également un recrutement dans les milieux de l’informatique (cessons d’être complexés, les informaticiens du Centre de Bastelica sont de très haut niveau), et dans celui des linguistes de Corti, car si nous voulons atteindre l’international, il faut tout traduire (l’Anglais représente 90% du Net, toutes les autres langues se partagent le reste, et le français est chaque jour un peu plus largué sur ce terrain), idem au niveau de l’action en direction des instances européennes.
  10. Continuer à soutenir les prisonniers et demander leur libération, mais en prévoyant une 2ème ligne d’argumentation : leur rassemblement sur le territoire corse à des fins humanitaires (stratégie basque). Les partis traditionnels auraient du mal à s’opposer à une telle demande, du fait  des familles. Elle est également beaucoup plus susceptible de provoquer une mobilisation plus large que notre cercle, c’est ce qui s’est passé en Euskadi.
  11. Il est vital de s’ouvrir aux français, aux italiens, aux portugais, aux sardes, aux arabes de la 2ème ou 3èmegénération qui vivent au milieu de nous. Même si cela ne nous plait pas, le réalisme nous y oblige ! Le refuser, c’est faire le jeu de l’ennemi. C’est sa meilleure arme : A court terme par l’accusation de racisme ; A long terme par submersion démographique. Il nous faut donc là aussi adapter notre discours, à leur égard, et à l’égard de notre « électorat » plus traditionnel.
  12. Réfléchir à d’autres modes d’action du type résistance passive : boycott des produits de l’ennemi et action contre les camions pleins de produits « concurrents » (Ex. Syndicats agricoles français), grève de l’impôt-racket perçus par ses percepteurs-collabos etc. Il faut également toujours coupler ces actions avec la diffusion sur Internet ; Même si la « non-violence » ne débouche sur rien face à des régimes à fonctionnement doctrinaire, elle permettra au moins de démontrer que la France ne laisse pas d’autre alternative que la résistance armée, et démontrera l’hypocrisie des « démocrates corses ».
 

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