#Corse Libre Propos : « Etat de droit et droit des nations de Petru Rossi »

 

bonnetETAT DE DROIT ET DROIT DES NATIONS

Il ne faut jamais perdre de vue que le statut politique de la Corse est celui d’une Nation vaincue par les armes d’un État qui lui a imposé sa loi sans qu’aucun traité dûment négocié en ait confirmé juridiquement la valeur.

État de droit dit-on. Nous répliquons État de fait. La durée d’une occupation administrative, militaire, économique et culturelle ne saurait suffire à en légitimer la pérennité. Nous avons donc le devoir de nous en débarrasser pour rétablir les us et coutumes internationaux sous garantie des nouvelles dispositions européennes.

Par quelle méthode y parvenir? Il n’est pas d’autre question que celle là. Nulle idéologie ne nous y aidera? Nulle formation politicienne non plus. Notre salut réside dans l’affirmation permanente de notre personnalité. Seule l’analyse exacte de notre situation, des voies et des moyens de recouvrer nos droits et nos libertés fondamentales permettra, au nom des droits et des devoirs des communautés humaines, de reprendre place dans la société des nations spoliées.

D’où la nécessité de disposer au plus tôt d’un Bureau d’Information et d’Enquêtes afin de parvenir à une juste évaluation de nos forces, fondée sur des expertises nationales et internationales. Il n’existe pas de fatal désastre. Toute défaite est en nous. Il n’y a pas en politique de martingale infaillible fondée sur l’usage des sentiments, seule l’Histoire fait Loi.

Tout comme la guerre ouverte, l’action politique sérieuse n’est rien d’autre qu’un art d’exécution et non une collection de projets d’opportunité finissant généralement en velléités.

A cette heure-ci face à de trop nombreuses démarches contradictoires, aucune certitude ne se dégage vraiment. Néanmoins se fait sentir le frémissement d’une ébauche de rapprochement des forces patriotiques. Seule une volonté forte de rassemblement nous permettra de transcender le fatalisme qui demeure dans notre nature, y compris dans l’acceptation du malheur, et nous conduira à l’indispensable unité.

Mais par delà toute revendication strictement politique, l’appel obstiné à la Justice et au Droit devrait être la pierre angulaire de notre action mettant en avant notre sens reconnu d’une solidarité internationale à laquelle nous n’avons jamais failli, parce que précisément à aucun moment de notre modeste Histoire nous n’avons jamais ni humilié ni méprisé ni asservi personne.

Ce droit de vivre libre que nous reconnaissons respectueusement à autrui au nom de notre hospitalité nous voudrions simplement qu’on nous le reconnaisse à nous mêmes sur notre propre terre.

PETRU ROSSI

 

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