#Corse – « Lettre aux militants du comité du fiumorbu » par Marcel Lorenzoni

 

marcelLorenzoniCe que je perçois de votre démarche, concrétisée par la manifestation d’Aiacciu m’inspire les réflexions suivantes :

Historiquement : Nos  » succès  » électoraux et les grandes manifs ont été suivies de périodes de stagnation, ou de graves provocations avec effusion de sang. Ne prenons pas l’affaire des paillotes pour autre chose que ce qu’elle est, un accident dans un programme de provocations.

Afin de prévenir ces risques, il est urgent d’ajuster les analyses, de remporter l’adhésion populaire suffisante, par un choix de communication et d’actions adaptées, s’inspirant notamment du type d’action qui a prévalu dans les pays de l’Est avant l’effondrement de l’U.R.S.S que J.Colombani a bien fait de mentionner, en remettant en question nos références habituelles en la matière, qu’elles soient Basques, Irlandaises ou Kanaks, qui pour le moment n’ont pas abouti, quoi qu’on en dise, ou qu’on essaie de nous faire croire.

La désinformation est depuis toujours l’arme n°1 des dominants contre tous les dominés. Il faut en prendre conscience, et établir les moyens d’une riposte adaptée.

Ils ne peuvent être que ceux d’un retour aux sources, à la base, tenant compte des 20 dernières années de la lutte, permettant d’organiser les différences qui sont une réalité, avec pour références réaffirmées, ce que notre peuple a été capable de réaliser dans le passé, chaque fois que l’Histoire lui a permis d’échapper à l’occupant du moment, en particulier pendant la période Paoliste, et pendant la dernière Guerre Mondiale.

Le lien privilégié de ce  » retour aux sources  » est la Pieve, ou le canton en milieu urbain. Par le contact quotidien entre militants et avec la population, il permet la permanence du débat, le règlement des contentieux, la définition de l’action la plus adaptée et son exécution. C’est pourquoi il faut créer partout des Comités inspirés du vôtre.

Il est nécessaire de réaffirmer que le progrès ne peut venir que d’une adaptation institutionnelle immédiate, de nature à faire évoluer la situation de la Corse vers de plus grands équilibres, dans le respect de sa culture, ce qu’aucun  » changement  » jusqu’ici n’a pu permettre. Cela doit être notre but pour le moment.

Il faut faire partager ce but par le plus grand nombre possible de gens, et le choix des moyens est primordial.

Au stade où nous en sommes, il est nécessaire de s’alléger de tout ce qui peut oblitérer cette démarche.

Il faut en particulier, cesser d’être le fonds de commerce des policiers et des juges. La médiatisation du problème corse, puissamment servie par l’action clandestine, est portée aujourd’hui au niveau d’une affaire d’état. Les échecs de tous les gouvernements depuis aléria sont aujourd’hui notoires.

Dans ce contexte, qui devrait nous être définitivement favorable, la clandestinité sert d’alibi aux tenants les plus acharnés du statu quo colonial, et d’appui à la seule capacité exprimée par l’Etat Français, la Répression par tous les moyens.

Sans oublier que toutes les trêves de l’action clandestine n’ont entraîné en retour et jusqu’à ce jour, que double discours, pourrissement et promesses non-tenues de la part de l’Etat français. Les clandestins prenant la mesure de la situation nouvelle, doivent suspendre sine die leur action, afin d’enlever leur principal argument aux détracteurs du mouvement national, et de permettre l’Unité de ceux qui demandent au-delà du Mouvement National, un mieux être pour le Peuple corse.

Lorsque, et je ne le souhaite pas, il s’avérera que les aspirations populaires seront de nouveau sans suite, la  » violence politique « , que l’on appelle Guerre lorsque les forces sont plus équilibrées, redeviendra comme depuis longtemps et dans le monde entier, de  » l’action politique poursuivie par d’autres moyens « .

Pour porter cette nouvelle démarche, et pour donner tout son sens à la volonté exprimée dans le Fiumorbu, une structuration efficace, respectant les différences et collant au terrain est seul gage d’efficacité.

Il est nécessaire, tant au plan local, qu’au plan National, d’installer une structure légère pour un temps limité avec obligation de résultat.

Les tâches essentielles seront :

la définition et l’organisation de la réflexion des moyens humains et matériels,

la collecte et l’utilisation des moyens financiers,

l’organisation de la communication,

L’organisation et la maîtrise de l’action en veillant particulièrement aux problèmes de sécurité, des comportements militants, de rétablissement de la confiance entre militants et avec la population, et en matière de contrôle de la désinformation et des provocations éventuelles.

Malgré un très professionnel brouillage médiatique, l’Etat Français donne le spectacle d’une décomposition inexorable de sa version  » Vème République « .

Par l’adaptation de nos pratiques, il faut convaincre qu’un changement radical est non seulement souhaitable, mais possible. Il faut faire renaître le rêve et l’enthousiasme des débuts, se débarrasser de tous les aspects négatifs accumulés en presque trente ans, et qui touchent toutes les composantes pour une raison ou pour une autre ; les plus chargées étant celles qui ont payé le prix le plus cher à la lutte, et ce n’est pas un hasard.

Un effort général d’honnêteté intellectuelle, de cohérence (co-érrance ?) mieux, de cohésion, d’abnégation, mais aussi d’efficacité en matière de communication et d’action est nécessaire, en illustration des principes et des idéaux réaffirmés.

Il n’y a rien à inventer, il faut seulement mettre en harmonie les propos et les actes, et sortir des sentiers battus.

Je continue de croire que les 14 premier points de l’organisation politique de Corsica Nazione peuvent être la base du projet que l’ensemble de la classe politique semble souhaiter.

Ils couvrent toutes les nécessités de la vie de notre collectivité, et doivent dans les principes et les objectifs, rallier une grande majorité.

Le débat général devrait concerner tous les partis, syndicats, associations et permettre de déboucher rapidement par l’intervention de spécialistes, sur un projet chiffré, en Recettes et en Dépenses, à soumettre à l’Etat Français et à l’Union Européenne, sous peine encore une fois, d’être pris en remorque par les jacobins finissants, mais présents.

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ORGANIGRAMME (exemple)

* COMITE DE PIEVE OU DE CANTON URBAIN

Les militants de toutes les organisations installent à leur convenance une structure coordonnée chargée au niveau local d’organiser :

Le débat

Les actions

Les moyens humains, matériels et financiers

La communication

L’information, la formation, la sécurité

La représentation au niveau National.

* Les représentants des cantons ou des pieve forment A CUNSULTA qui élisent pour un an, sur candidature individuelle, des responsables, et leurs adjoints chargés :

1° des débats en séminaires, de l’organisation, de la définition des actions ;

2° des moyens financiers ;

3° de la communication, de l’information, de la formation, de la sécurité ;

4° de la représentation au niveau International, incluant les élus éventuels

L’ensemble forme l’Exécutif.

* Les chargés de mission organiseront leurs groupes de travail à la convenance, en recherchant la compétence.

A défaut d’unanimité, la règle majoritaire simple s’applique à tous les niveaux avec le bénéfice de l’âge en cas d’équilibre des voix.

Il faudra apprendre les choix les moins coûteux, avec obligation de résultats, et l’adaptation tactique rapide ne cas d’échec, en ayant soin d’aller toujours du moins au plus, et jamais l’inverse, avec la nécessité de durer.

Vi pregu Bona Strada, un passu, per avà, fà altru !

MARCEL LORENZONI

 

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