#Corse « Le placebo »

 

jjcNazoineC’est un remède miracle. Il n’est pas la pour guérir le malade mais pour lui faire plaisir ; Et ça marche.

Le malade à sa seule vue se croit guéri. La politique étant un des placebos les plus connus et les plus rentables. Elle convainc des communautés entières en les appelant à ses urnes, les rassemblant par millions dans une course en sac officielle et dotée de l’affection générale. Il y a là une clientèle de la Libre Parole sans concurrence. Tout un arsenal publicitaire pousse à la roue démocratique, doté des instruments techniques du progrès le plus avancé.

Bref un idéal pour les publicistes de tous bords ; un fond de commerce librement ouvert à tous les candidats ; ils y ont tous leur part de marché. Même si tous ne peuvent bénéficier du même succès, tous coude à coude y deviennent enfant du même espoir. Les gouvernements de leur côté s’en amusent.

Nous savons et nous voyons que la communauté corse est très avide du placebo démocratique. Elle ne croit qu’en lui. C’est pourquoi elle s’abandonne aux flatteries publicitaires sans réticence. Une vraie foire d’empoigne  »  à qui gagne perd ! « . On y vend les existences humaines à l’encan. Des  » médecins  » de la Parole Verbale ou des  » mages  » habiles portant bannière offrent aux peuples des avantages illusoires mais bien présentés. Tout est-la. Tout pour la galerie, car c’est la que se tient la clientèle qui déambule inépuisable et permanente au point que si on votait chaque jour, on la trouverait chaque jour disponible. Le perdant n’y perd que le temps de se préparer au vote suivant. Telle est la parade du bal masqué. Très masqué. Une noria de masques pour pas grand chose…

Il faut savoir en effet que c’est par delà la  » fête votive  » que s’exerce le pouvoir en France. Ce n’est pas l’Etat qui en détient la clé mais l’Administration, sournoise en sa perpétuité et en ses méandres plus ou moins mythologiques alimentés par les secrets d’état ; Même si elle n’est pas l’état, elle contrôle et guide l’état comme un chien d’aveugle conduit un aveugle. On l’a vue à l’œuvre lors du départ précipité du général De Gaulle bien qu’il fût roi des rois ; l’Administration l’a renvoyé à ses chères études parce qu’elle ne voulait pas souscrire à son projet constitutionnel de décentralisation. Cette Administration est toujours là, en place et en bonne place. Les diverses révolutions n’y ont pas changé grand chose. Elle tient la place d’Hugues Capet, de Robespierre et de Napoléon. Rien n’a changé, surtout pas sur intervention électorale. A tout moment l’Administration peut tirer  » de derrière les fagots  » un décret, une recommandation, un avis, un amendement, une réglementation, un article organique inspirés de la  » France éternelle  » pour modifier tel ou tel statut, dans les services, les organismes, offices ou bureaux indépendants en principe du corps électoral. Le sort réservé arbitrairement à l’arrêté Miot touchant la vie profonde et historique de la Corse, est à ce titre hautement significatif. La détention illimitée de citoyens français (mais de mœurs corses) prisonniers politiques affublés tout exprès de la casaque  » droit commun  » par la seule volonté du pouvoir administratif en dit long sur l’arbitraire d’une justice française dont Anatole France disait dans Crainquebille  » qu’elle n’a pas besoin d’être juste puisqu’elle est la justice « . De même que la loi n’a pas besoin en France d’être légale puisqu’elle est la Loi. On s’en aperçoit tous les jours. La rengaine sur l’état de droit serinée nuit et jour par les fonctionnaires d’état en Corse, est devenue une tarte à la crème qui fait rire aux larmes, tant nous vivons tous, ici, sous le signe d’un éternel Amen.

 

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