« #Corse et souveraineté nationale – L’indépendance…pourquoi ? »

 

LLN-WebuResistenzaCORSE ET SOUVERAINETE NATIONALE

L’INDEPENDANCE ……………….. POURQUOI ?

Au fil des années, nous avons largement montré que notre combat est d’abord celui de nos compatriotes qui luttent pour préserver notre langue et notre culture, qui militent au quotidien pour le droit de vivre décemment chez eux, en Corse.

 Nous avons toujours désigné et agit contre notre adversaire : l’état français, parisien et négateur des peuples, et son système ; nous n’avons pas été de ceux qui prétendaient qu’il suffit de changer de drapeau pour que les homes et les femmes corses soient enfin libres au plan individuel et collectif et, s’il est vrai que nous nous rangions dans le camp indépendantiste, nous n’avons jamais situé le débat nécessaire sur ce seul terrain.

 L’INDEPENDANCE EST NECESSAIRE :

 Si on admet que la Corse existe comme peuple et nation distincte, il est alors parfaitement légitime que l’on lutte pour sa souveraineté à l’instar de nombreux autres peuples du monde qui ont su préserver ou obtenir leur indépendance grâce aux luttes de libération nationale. Le fait d’être Corses et reconnus comme tels ne peut nous priver des droits de rébellion dans la mesure ou, comme le prétend Paris, nous ne sommes pas seulement des « français » vivants dans un espace géographique « français » appelé Corse.

Est-il nécessaire de rappeler que nous avons déjà connu l’indépendance et qu’elle nous fut confisquée par défaite militaire ; quoi qu’on fasse et qu’on dise, deux siècles d’élucubrations relatives à ce sujet ne changeront rien à cette vérité historique.

L’INDEPENDANCE EST REALISTE :

 Sur le plan économique, il n’est contestable par personne que la Corse possède les atouts d’un pays capable de se gérer en toute indépendance.

 Sa taille à échelle humaine, sa situation géographique aux limites du Nord et du Sud, son climat, ses façades maritimes, son potentiel agricole, son peuple … sont autant d’éléments d’un ensemble qui est le fruit d’un enracinement séculaire aujourd’hui anémiés. Tous ces secteurs peuvent s’allier par une action coordonnée et produire fruits et dynamisme.

Le réalisme ne consiste pas à dire « La Corse ne peut pas s’en sortir sans la France » sans jamais préciser pourquoi ; allons nous persévérer dans la justification de la situation de dépendance actuelle qui fait de nous des « périphériques », excentrés d’un état centralisé qui depuis deux siècles se fiche de notre développement, de nos problèmes, de nous ?

En réalité, le fameux «  problème Corse », si les mots et les actes s’étaient depuis deux siècles accordés, n’aurait jamais du exister ; ce sont les décisions ou plutôt les indécisions d’une politique constante, qui expliquent l’existence de ce véritable « problème français » en Corse.

L’INDEPENDANCE EST POSSIBLE

 Alors que d’aucuns considérant encore que l’accès à l’indépendance est une chimère propre à occuper les fins de banquets, jamais l’histoire ne nous a mis ce plat si près, à portée de la main.

 Depuis la décolonisation et jusqu’aux récents événements en Europe, tout montre que rien n’est jamais définitif et que les chapes de plomb des empires les plus totalitaires finissent toujours par céder ?

 Ce mouvement historique, qui rappelle curieusement une autre fin de siècle, le 19è, touche de nos jours des peuples encore plus proches de nous ; ce sont les Basques qui réclament ouvertement une autodétermination, les Ecossais qui arrachent un parlement doté de réels pouvoirs, les Catalans qui s’affirment ouvertement souverains, les Irlandais du Nord en passe d’éliminer l’obstacle britannique…

 Les Corses, et c’est la seule question qui résulte ce de qui précède, ont-ils intérêt à ne pas saisir cette opportunité historique qui s’offre à eux ?

 L’INDEPENDANCE EST NECESSAIRE :

 Changer de cadre institutionnel en passant du statut de collectivité territoriale à deux départements et trois préfets, à celui de pays indépendant doté de son propre gouvernement désigné par le peuple, ne suffit pas en soi à modifier la réalité sous-économique et le quotidien des Corses.

 L’abrogation du chômage, la fin des injustices sociales ne se décrètent pas plus qu’un réveil culturel …

 Reste qu’il est toujours plus efficace de décider chez soi des mesures à prendre dans tous les domaines au lieu d’attendre que Paris veuille condescendre à y prêter de temps en temps une oreille régulièrement inattentive.

 La raison principale tient dans le fait que nous n’avons pas, quoi qu’en dise la kyrielle des prophètes de mauvais augures dont regorge cette île, les mêmes intérêts et qu’ils sont même souvent contradictoires.

 L’émigration des jeunes, les bas salaires, la disparition de nos agriculteurs et bientôt de nos pêcheurs, l’option du tout tourisme … sont autant de « désastres » actuels ou à venir qui peuvent ou auraient pu être évités, n’étant pas inéluctables, ils ne sont que la conséquence de choix politiques servant les intérêts de l’état, de ses relais locaux, qui ne sont pas forcément identiques à ceux du peuple corse.

 C’est l’indépendance, et elle seule, qui nous permettrait de défendre nous-mêmes les intérêts de la Corse dans les instances européennes ou internationales au lieu de les confier à des ministres qui, en toutes circonstances, ne servent que « l’intérêt supérieur » de la France.

 Chacun sait comment notre potentiel économique est bradé sur l’autel de «  l’intérêt commun «  à Bruxelles et ailleurs alors que les peuples qui disposent de représentants pour les défendre obtiennent régulièrement des régimes spéciaux et des dérogations à la place des trop fameuses « normes européennes » que nous subissons de plein fouet.

 Ce qui est vrai au plan économique c’est tout autant dans le cadre du travail, la défense du littoral, du patrimoine naturel, l’aménagement du territoire, les politiques culturelle et linguistique…

Allons nous longtemps pleurnicher pour un statut officialisant notre langue ou pour la ratification d’une charte européenne ?

 CE QUE N’EST PAS L’INDEPENDANCE :

 L’indépendance n’est pas l’autonomie car cette notion, en politique, a perdu son sens originel et demeure liée à une situation de dépendance qui maintient un peuple sous la domination quasi exclusive d’un état qui le prive de l’essentiel : la liberté.

 Ainsi, la Corse autonome dotée de quelques droits internes, est un leurre car la France n’est pas historiquement une communauté de peuples qui ont librement consentis à se regrouper dans une fédération… C’est même tout le contraire car l’hexagone n’est que le fruit de conquêtes et d’intrigues issu d’un système monarchique fondamentalement négateur des peuples soumis.

 L’autonomie ne peut, et ne doit et ne peut être qu’une étape transitoire qui accompagne un peuple dans sa marche vers l’indépendance ; si elle peut être bonne à prendre, elle ne peut en rien constituer un objectif à terme.

 L’indépendance n’est pas l’autarcie ; la Corse, pays méditerranéen, à toujours été suffisamment ouverte sur le monde pour refuser de se replier sur elle-même … On peut même dire que les seules parcelles de prospérité qu’elle a connu sont dues aux échanges humains qu’elle a toujours eu avec « l’extérieur ».

 C’est l’indépendance qui nous permettrait d’accroître des relations culturelles et économiques, politiques, dans les quatre orientations cardinales alors que la dépendance nous enferme dans des relations presque exclusivement tournées vers la France et toujours supervisées par Paris.

 L’INDEPENDANCE DANS L’EUROPE DES PEUPLES :

L’indépendance et elle seule, peut conférer à la Corse et à son peuple un cadre juridique et politique reconnu au plan international. L’Europe que nous voulons n’est pas celle qui se construit car son projet ne nous a pas été soumis en tant que peuple ; l’Europe ne pourra nous être bénéfique que dans la mesure où notre existence aura été reconnue comme peuple décidant librement de s’associer, de  coopérer et d’échanger ou non avec d’autres au plan international.

 L’INDEPENDANCE AVEC LE PEUPLE CORSE :

 L’indépendance ne saurait être déclarée par une poignée d’individus qui se seraient autoproclamés dirigeants de leur peuple sans le consentement de ce dernier.

 Elle doit être, au contraire, le fruit d’une prise de conscience profonde car elle n’est pas une fin en soi, mais un objectif politique dans un projet de libération individuelle et collective.

 Elle ne peut être définie au préalable dans son contenu réel dans la mesure où ce n’est pas à un groupe de décider à la place d’un peuple.

 Cependant, c’est bien la vocation d’un mouvement tel que le nôtre de faire des propositions qui lui semblent justes et d’appeler tous ceux qui les partagent à se rassembler, à le rejoindre afin que chacune et chacun puisse se déterminer en toute liberté, afin que notre projet devienne celui de tout notre peuple.

 Partitu Per l’Indipendenza

 

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