#Corse Edito: « Cap’Articulu, le sens des mots d’Anghjulinu »

 

nazion2aLe sens des mots 

 » Si l’Etat interdit et sanctionne la violence et l’injustice des particuliers, ce n’est pas parce qu’il veut en protéger la population, mais bien parce qu’il veut en garder le monopole exclusif tout comme il possède déjà celui du sel et du tabac « . Freud .

Noyer la vérité dans un océan de mots de pacotille ; multiplier les formules et les nuances tout en détruisant leur sens réel, compliquer les démarches administratives jusqu’à les bureaucratiser par des voies administratives réservées à des invités tenus au secret professionnel, est devenu la méthode la plus moderne de gouverner. Faire en sorte que le grand public n’y comprenne rien ! C’est ainsi que l’on comprend à dessein des notions antinomiques comme peuple et nation, Etat. La France, soucieuse de rassembler de force son idéologie politique, sa même banalisé la fameuse locution :   » La France est notre patrie « . Faux : la France n’est qu’un Etat et rien d’autre, c’est à dire une machine. Puissance et société militaires, la France n’est pas une nation. Elle veut ignorer la réalité des nations, qui par définition constituent les seules vérités politiques émanant des  » peuples « . Les peuples seuls, s’inscrivent dans une réalité créative de culture, d’histoire, d’esthétique, d’éthique, de droits, de cadres et des mœurs qui participent des vraies souverainetés. Le peuple n’a pas besoin de l’Etat pour vivre, se perpétuer et prospérer. IL a seulement besoin d’être organisé en communautés protectrices et coopératives pour établir ses relations avec le monde extérieur. IL est et demeure une substance vivante et créatrice. On l’appelle alors Nation.

Les exigences du droit qui habite et définit les peuples rendent inutiles la force extérieur de la loi.

La Nation se dote elle-même d’une force, d’une défense sociale rassemblée autour d’une morale représentée par la justice, pilier primordial de la solidarité.

L’Etat n’apparaît dans tout son arbitraire que sous la pression des interventions internationales lorsque ces dernières acquièrent une telle puissance qu’elles exercent une menace destructrice sur la Nation.

Les risques de destruction exigent dès lors la présence d’un organisme de relations extérieures appelé Etat, en quelque sorte corps étranger à la Nation mais à son service.

Ce n’est donc pas l’Etat qui détient la souveraineté réelle mais la Nation – c’est à dire, enfin de compte, le peuple et lui seul – Les états, les régimes, les constitutions, les administrations et les armées passent ; les peuples demeurent. Ils sont la mémoire et l’avenir de l’histoire humaine. Que pèse cet Etat que des manipulateurs intéressés ont qualifié  » d’ordre démocratique  » au regard des temps longs de l’histoire des peuples ?

Seul le constitue la conjonction d’intérêts sordides s’appuyant bien souvent sur le crime, l’injustice ou l’imposture…

Il est paradoxal mais combien évident, que le République, alors même qu’elle appelle à se détourner de Dieu exalte dans le même temps l’Etat jusqu’à le diviser . C’est ainsi qu’elle a décrété la mort des peuples de France au profit de l’Etat. Du moins le croit-elle ! car les peuples demeurent en sentinelles de l’histoire. C’est cette permanence que craignait Georges Pompidou dans ses mises en garde contre toute atteinte à la souveraineté de l’Etat (discours du 1er Janvier 1972 ), parce qu’il y voyait une menace contre l’existence même de la France. Cela en dit long. En effet, durant des siècles les peuples rassemblés sous la majesté du Roi – sur le territoire appelé aujourd’hui  » France  » – ont maintenu l’Etat dans son rôle  » présidentiel « ,consacré surtout à la politique extérieure sans intervenir dans les coutumes, la culture et les mœurs.

Il aura fallu la Révolution de 1789 pour que l’utopie d’une  » France de toujours « , franchissant les siècles pour se réclamer d’une initiative divine incluant Vercingétorix, s’affirme d’essence littéralement métaphysique.  » l’histoire nous montre que notre peuple n’a pu, au cours des siècles, se constituer en nation que par l’aide de l’Etat  » déclare G. Pompidou. Ainsi, la France serait non pas la création vivante du cours de l’histoire humaine, mais celle de la fantaisie d’un décret du gouvernement révolutionnaire auquel ses peuples ont du obéir par la force de la guillotine. Pourtant, ils ne parlaient guère le français ; ils ne voyaient jusqu’alors dans le roi qu’une sorte de grand évêque perdu dans le ciel du pouvoir qu’il fût italien, espagnol, anglais ou corse leur importait peu. Ce sont les politiciens français du XVIIIème siècle qui ont imposé une république dont ils ont fait, entre autres, de Jeanne d’Arc l’héroïne d’une mythologie qui les servait et cela dans l’indifférence générale. Les peuples de France regardaient passer cette image comme ils regardaient passer les saisons.  » Ainsi soit-il disaient-ils sans s’interroger sur le spectacle insolite de Jeanne la Lorraine paradant sous les plis d’un drapeau tricolore qui aura comme Robespierre, Bonaparte , Clémenceau et De Gaulle ! Pourquoi pas Jean-Paul de Rocca Serra ?

Français parmi les Français, il partagerait lui aussi la souche de Vercingétorix et de la Pucelle d’Orléans.

ANGHJULINU

 

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