#Corse – DOMINIQUE CARLOTTI, VICTIME DE LA RÉPRESSION ADMINISTRATIVE DE BONNET ET CONSŒUR

 

logo_stcLES SANCTIONS A L’ENCONTRE DES SALARIES STC DRASS/DDASS SUITE AUX INCIDENTS PROVOQUES DU 19 NOVEMBRE 1998 DANS LE CONTEXTE DE STRATEGIE DE LA TENTATION ET DE RACISME ANTICORSE MENE PAR LA FRANCE

Le STC a participé aux précédentes élections des Commissions Techniques Paritaires de 1995, et à ce titre la section STC jouissait de chèques syndicaux et d’un 1/5em de temps. Quelques semaines auparavant dans ce même type de consultation, le STC avait pu se présenter, et avec de très bons résultats, aux élections de l’Equipement. Quelques mois plus tard, il en fut de même à l’ONF.

La candidature du STC aux élections départementales et régionales a été déposée dans les temps.

Le 3 septembre 1998, jour de clôture des inscriptions, la DAGPB informait par télécopie, l’union STC de son refus de le laisser prendre part à ce scrutin. L’argumentation était, d’une part « qu’un syndicat représentatif de tous les travailleurs n’est pas un syndicat représentant les fonctionnaires », d’autre part se fondant sur un arrêt du Tribunal Administratif de Paris concernant l’annulation d’une élection à la Commission Administrative Paritaire Nationale des Agents Sanitaires en 1997, où le STC associé à un syndicat guadeloupéen s’était présenté.

Cette annulation d’élection concernait donc un scrutin national et non local ; En outre le syndicat guadeloupéen en question a lui été admis à participer au scrutin du 19 novembre.

Il convient également de rappeler qu’à quelques jours d’intervalle le STC a été admis à se présenter aux élections similaires de la DDE, élections qu’il a remportées, sans que ces arguties lui aient été objectées.

Point de détail intriguant, la lettre était signée d’un simple chef de bureau d’un service administratif, s’agissant d’une décision sensible susceptible de générer un trouble à l’ordre public. Quiconque connaît le mode de fonctionnement interne de la haute administration sait qu’une telle décision ne se prend qu’en Cabinet ! Renvoyez la signature à un obscure sans grade était-il un moyen de se protéger par avance, au cas ou

A compter de ce refus, et pendant que l’union STC effectuait les démarches politiques en vu du retrait de cette décision politique, auprès de la direction de la DSS et du Préfet Bonnet (à noter que ces 2 hauts fonctionnaires ont déclaré qu’il s’agissait d’une erreur qui serait vite réglée), la section STC DRASS/DDASS a demandé aux sections des autres syndicats avec qui elle avait mené les précédents conflits, de refuser de participer à un scrutin d’où une organisation représentative était exclue. Certains syndicats prirent la lourde responsabilité de refuser d’être solidaires.

Cet appel à la solidarité syndicale a été réitéré, notamment à l’occasion d’une réunion d’où le STC se trouvait exclue, rappelant que la solidarité ne se divisait pas et qu’on ne pouvait demander au STC de participer aux intersyndicales et le laisser seul ensuite quand il était attaqué.

Cet appel à l’unité syndicale a été qualifié de « pression » sur les personnels et les syndicats, par la direction et la section F.O (en désaccord avec son U.D).

Concernant les votes par correspondance, M Cecchi n’étant pas à un travestissement près, présenta la polémique sur la prolifération des votes par correspondance comme résultant de l’action du STC, alors qu’il s’agissait d’une mesure « contre-feu » direction – section FO pour contourner l’appel à l’abstention des employés lancé par le STC (A noter la protestation de la CGT contre ces mêmes pratiques).

Point important, depuis quelques mois et bien qu’il n’y ait eu jamais la moindre menace, toutes les inspections diligentées par le tandem Bonnet-Cecchi étaient accompagnées d’hommes en arme (le trop fameux GPS), le DRASS lui-même se faisant constamment accompagner de 3 gardes du corps. Ce cinéma s’ajoutait à une bunkerisation des locaux datant déjà de plusieurs mois (portes fermées à clés, ordres de garder fermés les volets des bureaux donnant sur la rue). Ce comportement d’assiégé faisait sourire à l’époque, et était mis sur le compte de la paranoïa de Cecchi qui n’avait rien à envier à celle de Bonnet. Mais n’était-ce pas plutôt une mise en scène pour justifier à posteriori les évènements qui survinrent ?

Le jour du scrutin l’U.D STC est venu dans les locaux pour s’emparer des urnes, tout comme elle l’a fait à la DDASS de Haute Corse où tout s’est passé sans violence.

Mais à Ajaccio M.Cecchi avait décidé de demeurer en permanence dans le bureau électoral (chose des plus inhabituelle) avec ses gardes du corps et la police dans la rue à quelques dizaines de mètres (chose encore plus surprenante), multipliant les appels au calme pour un scrutin sans autre problème que sa propre excitation. La section s’est mobilisée pacifiquement comme elle l’avait annoncé par tract.

Quand la délégation de l’U.D STC est entrée et a fait le geste de s’emparer des urnes, c’est M Cecchi qui s’est jeté sur le secrétaire général et a fait mine d’être bousculé, et c’est les gardes du corps qui les ont jetés tous les deux au sol, les blessants tous les deux, les autres membres de l’union STC s’étant ensuite jetés dans la mêlée pour libérer leur secrétaire général. Ce que l’on apprit que beaucoup plus tard, c’est qu’au moment de l’altercation un des gendarmes du GPS a jeté un paquet au sol.

Après évacuation des locaux (car l’altercation a duré moins d’une minute) on s’empressa d’appeler le service de déminage pour identifier ledit paquet (paquet qui s’avéra contenir des revues et un pistolet Beretta avec 2 chargeurs), il est évident que cette arme ne pouvait avoir été perdue que par les syndicalistes, il s’agissait donc d’une agression avec arme etc. Mais problème ! Un témoin totalement étranger au STC avait vu le pandore jeter le paquet et l’identifiât comme tel. Le super gendarme donna alors l’explication qu’il s’était débarrassé de son arme avant de plonger ! Etrange,  que ne l’a t il pas dit dès la découverte du paquet ? L’affaire fit l’objet d’un P.V de police, et très consciencieusement oublié.

Faute d’une attaque à mains armées, l’administration se rabattit sur les coups et blessures. A la suite de cet incident il fut  donc colporter par les journalistes, sans vérification de leur part, (la source étant préfectorale elle vaut parole d’évangile) que le DRASS avait été blessé et qu’il avait fait l’objet d’une IPP de 10 jours de M. Cecchi. Pourquoi cet empressement ? Parce qu’avec une IPP égale ou supérieure à 10 jours, la justice préfectorale pouvait déposer  plainte pour coups et blessures.

Mais le médecin expert, malgré les pressions du Préfet présent à l’examen médical (autre comportement surprenant), avait refusé un tel arrêt, à juste titre puisque le « blessé » avait continué à vaquer à ses occupations, consistants à faire le porte à porte, le sourire aux lèvres, pour amener les agents à revenir voter.

Suite à ces incidents le secrétaire général fut arrêté et condamné à 2 mois de prison ferme, 6 avec sursis et un an de privation des droits civiques.

La section STC au grand complet fut suspendue de ses fonctions (6 agents de catégorie C et un cadre A).

A aucun moment la section n’est entrée dans le bureau de vote, ni n’a entravé le scrutin, pas même en empêchant qui que ce soit de passer, ni participer aux incidents. Le procès pénal l’a démontré, et la procédure disciplinaire est tenue de ces faits, ce qui n’a pas empêché la DAGPB de maintenir la suspension pour enfin donner un avertissement aux membres de la section STC de catégorie C sur la base de la participation à ces incidents.

Le cadre A, inspecteur des affaires sanitaires et sociales demeura suspendu et reçu une lettre l’informant qu’une procédure de révocation était entamée à son encontre sur ce même motif.

La procédure devant le conseil de discipline du Ministère de l’Emploi et la Solidarité fut menée avec une rapidité suspecte, au point que la convocation parvenait à l’intéressé plusieurs jours après la tenue de la séance. Faute de Quorum (les syndicats refusèrent de siéger) le premier conseil fut reporté. Le délai le plus court fut évidement choisi par le Ministère pour la session suivante.

Le 8 décembre, la DNAT vint embarquer, à l’heure du laitier, le cadre suspect, pour 30 heures d’interrogatoires. Un écrivain parisien, critique dans le monde littéraire, militant de la ligue des droits de l’homme et de la LCR (d’origine corse, c’est son crime) avait eu le malheur de lui téléphoner pour lui demander « qu’est ce que je peux faire pour toi ? », il fut également embarqué. Motif : « affaire connexe à l’assassinat du Préfet Erignac ». Comme l’a exposé la Fédération internationale des droits de l’homme dans son rapport, c’est par cette astuce que la 14ème section rafle de simples citoyens par centaines, et par familles entières (en Corse ou dans l’affaire Chalabi) les femmes en charge d’enfants en bas –âge ou les vieillards malades servant d’otage pour faire pression sur  le « suspect »..

Dans les deux cas, la DNAT fit preuve de modération (ce qui ne fut pas toujours le cas), et même d’une certaine gène, (la gène d’une personne qui sait qu’elle perd son temps mais qui ne peut faire autrement parce qu’elle a des ordres ?) et finit par classer sans suite.

Le responsable Interco-CFDT de Paris essaya de négocier avec la Direction du Personnel et du Budget (DAGPB), à l’initiative « officiellement » de la sanction ; Il lui fut répondu que l’individu était un « dangereux terroriste », « c’est le Ministre en personne  qui me l’a dit », dixit M. Lannelongue DAGPB.

Lors de la deuxième séance du conseil de discipline, les représentants CFDT ne siégèrent pas ; Ils en avaient reçu l’ordre de Nicole Nota 24 heures auparavant. La séance dura 2h30, elle tourna au procès en hérésie.

Il n’y a pas lieu de motivé une mesure de suspension, mais l’ayant motivé, le Ministère aurait dû s’en tenir à sa motivation, c’est ce qui résulte d’une Jurisprudence constante du Conseil d’Etat, mais se rendant bien compte du vide juridique, il argumenta d’un inventaire de « fautes professionnelles » digne de Prévert, argumentation qui fut démontée en 30 minutes, et il fut donné acte qu’il ne s’agissait que de broutilles.

Les deux heures restantes furent consacrées au délit d’opinion représenté par le contenu des tracts syndicaux, dénonçant le racisme anticorse développé par le Ministère de l’Emploi et la Solidarité, et les comportements d’un préfet qui s’illustra de la manière que l’on sait (mais une certaine intelligentsia voudrait faire croire que cela s’est limité aux « paillotes »), et à la « présomption  de culpabilité » dans l’agression contre le DRASS.

Grâce à ce procès uniquement politique, il est intéressant d’apprendre que dorénavant on n’a plus le droit de parler de « colonialisme » s’agissant de la politique française, ni remettre en cause le jacobinisme, « un fonctionnaire ne peut remettre en cause les principes jacobins et rester fonctionnaire » fin de citation ! Et puisque, souligna l’avocat du syndicat et de la Ligue des droits de l’homme, ce sont là les bases mêmes sur lesquelles est fondé le STC, syndicat reconnu, la réponse fut : « il convient d’envisager son interdiction ». Il fut également reproché à l’agent sa rédaction d’un « projet de constitution de la Corse indépendante », c’est sans doute là qu’il faut trouver l’origine du qualificatif de « dangereux terroriste ».

A la suite de cette procédure il fut prononcer par le Ministre une sanction de mutation d’office à Lyon, reprenant les pseudo fautes (pourtant écartées dans les débats et le délibéré comme étant des broutilles), la culpabilité dans l’agression (en contradiction avec les faits constatés par le juge du pénal), et le « manquement à l’obligation de réserve » (c’est à dire le fourre tout qui permet de condamner n’importe qui considéré comme non politiquement correct, en l’espèce être nationaliste corse anticolonialiste et antijacobin).

L’agent, pour des raisons familiales et de conscience, a refusé cette mutation. Il a obtenu le principe d’un détachement dans les services sociaux du département de Corse du sud, chose fréquente dans ce ministère et ce corps, solution d’ailleurs suggérée à l’origine par le DAGPB lui-même.

Le Préfet Bonnet fit pression pour faire échouer cette solution. En conséquence ce fonctionnaire à l’issu de cette procédure se trouvait en situation de chômeur en fin de droit pour avoir cru que dans la république autoproclamée des droits de l’homme on demeurait libre de ses idées dès lors qu’on faisait honnêtement son travail.

En juin 1998, le Tribunal Administratif de Bastia a annulé toute la procédure pour illégalité et condamné l’Etat à verser 5000 FF d’indemnité aux agents. Mais cette décision ne concerne que les 6 agents de catégorie C restés en Corse. Le dernier ayant été muté à Lyon, le TA de Bastia a été dessaisi au profit du TA de Lyon. Le TA de Lyon conclura t-il différemment de son homologue de Bastia sur la même affaire, c’est en tout cas le but recherché par l’administration.

Ce cas illustre le caractère froid et totalitaire du système bureaucratique français, justifiant a posteriori le contenu des tracts incriminés ; Malheur à celui qui attire l’attention de la bête.

Au-delà du cas, il convient cependant de resituer toute l’affaire dans le contexte général de la Corse sous le proconsulat de Bonnet. Il  n’est pas resté 17 mois avec pour seul objectif d’incendier des paillotes.

Nous savons aujourd’hui que, loin de rétablir un hypothétique « état de droit », l’objectif était de provoquer des incidents, sanglants si possible, pour justifier un accroissement de la répression et le recours à des méthodes encore plus musclées, technique connue sous le nom de « stratégie de la tension ».

Avant d’en venir à « l’Aria marina » et « chez Francis » d’autres méthodes plus subtiles ont été mises en œuvre.

On ne peut exclure que les inutiles brutalités contre des femmes et des personnes âgées lors d’arrestations ait fait partie de cet objectif.

Ces provocations ayant rencontrées l’atonie générale d’une population apeurée, une autre méthode fut de heurter de front le STC en espérant des débordements, c’est dans cette optique qu’il convient de reconsidérer le recours à l’armée pour briser la grève générale après l’arrestation du secrétaire général.

Mais pour mettre en œuvre cette provocation, il fallait un montage juridique. En clair une administration centrale, et un directeur des services déconcentrés qui accepterait de prendre une décision ayant pour objectif de mettre le feu aux poudres. Les trois éléments furent réunis avec :

–         L’équipe Bonnet-Pardini-GPS avec les intentions que l’on sait ;

–         Le DRASS Cecchi, directeur incompétent, méprisé par ses collègues, et en disgrâce au ministère en raison de plaintes nombreuses qui se sont traduites par des demandes de détachement et de mutations répétées de ses cadres, et qui ne pouvait espérer une mutation promotion qu’en créant un incident justifiant cette mutation. Il fallait un Directeur particulièrement extrémiste ou désespéré pour se livrer à une telle opération. C’est ainsi que cet individu est devenu Inspecteur Général (IGAS) alors que ce corps s’y est opposé pendant des années ;

–         Un directeur d’administration centrale, DAGPB, Christophe Lannelongue, ancien de la DST, fier de ses états de services contre « Action Directe », et faisant étalage sans pudeur ni « obligation de réserve » de son rôle de commissaire politique de son « chef », Mme Aubry. Ce n’est qu’avec un relais ministériel que pouvait être mis en œuvre une « décision » génératrice de tension (la lettre ministérielle du 3 septembre 1998).

Ces éléments étant réunis, ne restait plus que la mise en scène. L’échec ne vient pas du provocateur, qui voulait clairement que le sang coule pour justifier le maintien de plus en plus contestée d’une politique de répression à outrance ; mais de l’attitude des provoqués. La désunion persistante des mouvements nationalistes alliée à l’inconsistance de la direction provisoire du STC  (en l’absence de son Secrétaire général embastillé) a fait capoter la provocation par sa propre incapacité d’analyse et de  réaction.

L’état français et ses relais médiatiques, à force de présenter le mouvement national corse comme des groupes mafieux ou brigadistes, des terroristes etc., a fini par croire à sa propre propagande. Il s’est comporté à l’égard de la mouvance nationaliste comme si elle était ce qu’il prétendait qu’elle fut. Ces groupes n’ont pas réagi comme l’état s’y attendait parce que justement ils ne l’étaient pas. Au grand déplaisir de Bonnet le sang ne coula pas, il fallut donc inventer d’autres mises en scènes, de ce constat  fut probablement envisagé, parmi beaucoup d’autres, le scénario des « paillotes » et le tract «  Ferraud balance des flics ».

Reste l’agent de la DRASS écrasé au passage pour les besoins de la démonstration. Muté à compter du 1er mars 1999, il a été mis en arrêt de maladie ordinaire à compter du 1er avril 1999 par le médecin psychiatre de son secteur, par ailleurs médecin spécialiste agrée. On aurait pu croire que suite à l’affaire des paillotes, puis au changement de stratégie de Jospin, la chasse aux sorcières connaîtrait une pause. Il n’en est rien. Les chasseurs de corses sont toujours en place, d’autres continuent d’arriver, et la tendance est plutôt à l’accélération des procédures pour couper le plus de têtes possibles avant la réception des ordres contraires.

Cependant, 2 contrôles ont été effectués, les 16.08 et 29.10.1999, par un médecin des Alpes Maritimes désigné par la DRASS de Lyon et précédemment par la DSS de Corse ; Au vu de ses rapports, le Comité Médical du Rhône du 2.12.1999, a conclu à un Avis de reprise de l’agent.

Il convient de souligner l’illégalité de la désignation de cet expert, car aux termes de l’article 6 du Décret 86.442 du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agrées… le comité médical doit désigner un expert dans le département où réside le malade, et c’est seulement « s’il ne trouve pas dans le département un ou plusieurs spécialistes agrées dont le concours est nécessaire… » qu’il peut choisir des experts ailleurs, mais il existe plusieurs médecins agrées en Corse du sud.

Ainsi en diverses occasions la DSS de Corse, suivie par la DRASS Rhône-Alpes, ont violé cette disposition réglementaire, aussi un Recours en Excès de Pouvoir contre l’état, une plainte devant le Conseil de l’Ordre des Médecins de Corse du sud à l’encontre de ce médecin, et un Appel devant le Comité Médical Supérieur  ont été entamé. D’autres médecins de Corse envisagent également une plainte à l’égard de cet « expert » exerçant illégalement ses fonctions.

Cette illégalité, après bien d’autres, ne fait en définitive que confirmer ce qui avait été dénoncé dans les tracts syndicaux incriminés : Quand le « droit commun » peut servir à écraser les Corses, il faut s’y conformer à la lettre, mais quand ce même « droit commun » peut les protéger, l’état s’assoit dessus.

En effet, suite à cet avis, la DRASS Rhône-Alpes a pris une décision de reprise de fonction et a sommé le 14.12.1999, l’agent de reprendre son service à compter du 20.12.1999, faute de quoi, il serait constaté « l’abandon de poste ». Parallèlement, par lettre en date du 24.12.1999, il a été signifié à notre adhèrent qu’il n’est plus rémunéré à compter du 1.1.2000, et que le Ministère est saisi pour suite à donner, c’est à dire une nouvelle procédure disciplinaire de révocation sera de nouveau entamé sur la base de « l’abandon de poste ».

Il ne faudrait pas croire que cette affaire est isolée ; Un simple cas social ou incident de parcours imputable aux trop connues incohérences administratives. Elle s’inscrit :

–         D’une part, dans une « stratégie de la tension » déjà explicitée plus haut, menée par Chevènement-Bonnet, ce cas en fait partie, tout comme les paillotes, les rafles de la DNAT, le très suspect attentat de la DDE à Ghisonaccia en pleine campagne électorale, ou les repérages menés par un gendarme du GPS retrouvé en perdition dans un bateau volé dans les bouches de Bonifacio. Notons au passage la mutation en Lozère d’un gendarme qui constamment harcelé par son chef pour qu’il exécute un acte illégal a fini par lui donner un coup de poing. L’inventaire n’est certainement pas exhaustif, et d’autres « coups tordus » apparaîtront tôt ou tard.

–         D’autre part, dans une « stratégie de racisme anticorse » dont le coup d’envoi officiel fut le rapport Glavany, même si quelques envoyés spéciaux ou  un multi correspondant local de la presse dites « nationale », avaient déjà ouvert la voie. Le rapport Glavany, après avoir démontré statistiquement que la Corse était l’une des régions où la proportion de « natifs » était parmi les plus faibles (la 18èmesur 22) n’en concluait pas moins qu’il fallait que plus aucun corse ne soit recruté ou muté en Corse ! En outre, à cause de l’effet de contagion sans doute, les non-natifs ne devraient rester en Corse que 2 ans, avec des incitations pour les faire débarquer en masse. S’il avait été question de toutes autres « ethnie », M. Glavany aurait été traduit devant les tribunaux pénaux pour incitation à la discrimination raciale (article 187-1 et 2 du Code Pénal).

–         Aussitôt connu le DRASS de Corse annonça en comité de direction que plus aucun corse ne serait muté ou recruté dans ses services. Décision qu’il mit immédiatement en œuvre en refusant toutes les demandes de mutations, mêmes validées en CAP dès lors qu’elles émanaient de personne à consonance en « i », puis il se déplaça personnellement à Paris pour recruter une contractuelle statisticienne Bac+2 sans expérience professionnelle, tout en refusant de tenir compte des candidatures locales d’étudiants Bac+5. Cette politique avec tout le reste contribua à la détérioration des relations de Cecchi avec les Syndicats.

–         Le Ministère de « l’emploi et de la solidarité » donna un cadre réglementaire à ces pratiques : Note de service n°DAGPB/SRH1C&D/99/480 du 17 août 1999 relative à la déclaration de la vacance de postes à pourvoir… stipule dans son 2ème alinéa : « Des postes prioritaires sont également à pourvoir dans les services déconcentrés en Corse et dans l’Eure et Loir. En ce qui concerne la Corse, les affectations seront gérées dans le cadre d’engagements individualisés de l’administration pour faciliter le déroulement de carrière des agents intéressés ». C’est la reprise du rapport Glavany, en clair, pas de corse, promesse de promotion rapide, poste garanti pour le conjoint, HLM fourni etc. D’autres circulaires ont suivi depuis.

–         Les autres ministères ne sont pas restés inactifs, comme par exemple le refus de nommé un Directeur de la jeunesse et des sports (DRJS) car seuls des corses sont candidats à ce poste, ou la DDE qui ne recrute même plus un cantonnier sur place, idem pour la Poste etc.

–         Le Préfet de Corse enfin, (aucun changement de ce point de vue entre Bonnet et Lacroix) qui depuis 2 ans refuse tout recrutement local aux collectivités territoriales en abusant du contrôle de légalité. Toutes demandes de détachement ou de mutation de corses dans une collectivité locale sont entravées, tous recrutements de contractuels sont immédiatement déférés, le tout couplé à des menaces de poursuites contre les élus concernés (c’est facile quand on a été le corrupteur et le complice, de menacer celui qu’on a  toujours corrompu, surtout quand on est à la fois Juge et Partie, la seule limite c’est qu’il faut éviter de s’éclabousser soi-même). Ainsi dans l’affaire, dites de la COTOREP, si mal gérée par les Corses que l’on en a changé tous les agents pour les remplacer par des parachutés incapables, il fut demandé au service de la DRASS de trouver un biais juridique pour dire que l’état n’y était pour rien, alors que c’est lui qui signe les décisions d’attribution.

C’est en raison de cette dérive qu’on ne peut qualifier que de « raciste », que les syndicats de corses de toutes tendances, soutenus par la Ligue des Droits de l’Homme, dénoncent les mutations arbitraires, et les avantages non statutaires attribués à certain, tout comme ils demandent la réintégration du cadre de la DSS de Corse injustement sanctionné à titre de principe.

Le Président et les différents groupes de l’Assemblée de Corse ont été saisis de cette demande. Elle y a reçu  un accueil favorable lors de sa séance du 28.02.2000, où la situation du fonctionnaire a été évoquée. Cela a donné lieu à une lettre au Préfet de Corse, en attendant d’en saisir le Gouvernement. Parallèlement le représentant du groupe communiste a entamé une démarche similaire.

Lors de cette séance ont été évoqués 3 éléments :

–         Au niveau de M le Président de l’assemblée : La nécessaire décrispation qui s’inscrit logiquement dans la nouvelle démarche de dialogue entre le Gouvernement et les élus de la Corse.

–         Au niveau du groupe communiste : La nécessité de « tourner la page » sur certains évènements.

–         Au niveau du groupe Corsica Nazione : Le caractère de sanction pour opinion et de répression de l’activité syndicale.

Le 09.02.2000, le ministère de l’emploi et de la solidarité a communiqué à l’intéressé, son arrêté, en date du 08.02.2000, de radiation du corps pour « abandon de poste », avec prise d’effet au 27.12.1999, sans tenir compte des procédures de recours entamées et de leur effet suspensif.

Compte tenu de la procédure des plus expéditive, on est en droit de se demander si, là encore, les forces qui ont intérêt à faire capoter le processus de paix, et qui sont toujours les mêmes hommes que ceux qui sont à l’origine de la manœuvre de provocation originelle, ne se servent pas à nouveau de cette affaire, par des mesures de « fait accompli » pour envoyer des « signes négatifs », des « chiffons rouges » à destination des interlocuteurs corses, en espérant mettre Matignon dans l’embarras.

Cette mesure est du même ordre que la tentative de faire croire à l’opinion publique que « l’amnistie des patriotes » serait un préalable posé par les élus de Corsica Nazione, et qui tente de faire dire à Jospin ce qu’il n’a pas dit, à savoir l’exclusion totale de ce point pour toujours. Or, dans les 2 cas il n’y a pas de préalable, mais le front « clan Zuccarelli-Pasqua-Chevènement &Co » et les lobbies qu’il représente , ont intérêt à désinformer l’opinion pour paralyser

 

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