#Corse « Contribution au projet de programme économique pour une Corse indépendante »

 
  1. nazion2aDES PRINCIPES IMPOSÉS PAR LA GÉOPOLITIQUE :

A. LA REGLE EST A LA LIBERATION DES INITIATIVES

La mise en place d’une économie corse compétitive, et à même de faire vivre son peuple, en lui garantissant des prestations publiques et sociales conforme au mode de vie des nations développées, passe par un choix clair de libre commerce et de libre entreprise, seul à même de redonner un espace à la créativité de notre peuple nié et avili, tout en lui garantissant une paix relative dans un monde où seule cette idéologie domine.

Ainsi le recours partiel, ponctuel, à des pratiques interventionnistes, dans la phase de reconstruction de notre Nation, ne devrait être qu’à caractère transitoire :

  1.  En vue de doter la Corse d’un secteur économique, dont l’occupant l’a privé par fraude  ou dumping sous couvert de « solidarité nationale » ; Ex: le transport maritime, les industries de transformation, conditionnements et conservation de ses productions primaires :
  2.  En vue de réorienter ses circuits d’échanges vers une plus grande diversité de ses marchés et de ses sources d’approvisionnement ; Ex: la grande distribution, les tour-operators ;
  3.  En vue de redonner des parts de marché interne suffisantes à ses propres produits pour leur offrir  la possibilité d’abaisser leurs coûts de production, et de parvenir à une taille suffisante afin de leur permettre un « décollage » et d’affronter une concurrence loyale (c’est à dire libérée des circuits exclusivement français subventionnés) ; Ex: eaux minérales, autres boissons alcoolisées ou non, produits alimentaires pas seulement identitaires ;
  4.  En vue de structurer un réseau de distribution des produits biologiques et identitaires, à vocation intérieure et extérieure, car ce sont là les seuls véritables créneaux exportateurs à court terme.

B. A TOUTE REGLE, DES EXCEPTIONS :

L’Etat fédéral corse n’a donc pas vocation, sans en exclure le principe, à constituer un secteur public ou mixte, mais seulement à recréer ce qui a été détruit et que l’initiative spontanée de notre peuple n’est pas à même de reconstituer  spontanément. Si l’initiative privée suffit, l’Etat doit se contenter d’accompagner le processus par toutes mesures légales ou fiscales nécessaires, mais surtout s’interdire d’entraver l’initiative.

Sinon, dès lors que l’Etat Corse a constaté la carence ou l’insuffisance du secteur privé, il a l’obligation d’intervenir pour doter la Nation des moyens de son développement ; Mais avec l’objectif à terme d’arriver à une privatisation, qui privilégiera d’abord l’actionnariat corse, dès lors que les contribuables corses ont participé à cette mise en place, quand ledit secteur aura été amené en situation d’affronter la concurrence du marché international.

Ainsi par exception au  principe, certains secteurs tels que l’Éducation, la Santé par nature, et le secteur desTransports maritimes et aériens, dès lors qu’il est vital pour toute Nation insulaire, devraient éventuellement faire l’objet d’une prise de contrôle de l’Etat Corse ou d’une privatisation partielle réservant à l’Etat Corse une minorité de blocage. Ce nécessaire contrôle d’une partie du secteur ne fait pas obstacle, bien au contraire, à la libre concurrence ; Il tend à éviter les situations monopolistiques, faussement « privatives »..

 

2.UNE RÉORIENTATION RÉSULTANT DE NOTRE SITUATION GÉOGRAPHIQUE :

Sur le plan des orientations stratégiques, la  position géographique de la Corse lui dicte l’orientation de ses échanges et la localisation des partenaires et des marchés qu’elle doit rechercher.

A la situation que l’occupant lui impose, terminus colonial de l’axe Paris-Lyon-Marseille, la Corse doit privilégier un développement en « croix » dont elle serait le centre :

– à l’Ouest, Barcelona et au-delà toute la péninsule ibérique ;

– à l’Est, Livorno et Roma et la péninsule italienne ;

– au Sud, la Sardaigne et au-delà l’Afrique du Nord ;

– au Nord  enfin et surtout, avec le triangle Genova-Torino-Milano, et au-delà la Suisse, l’Allemagne et toute    l’Europe du Nord et de l’Est.

Comme on le voit, la France ici n’est qu’un appendice sur l’angle nord-ouest, et rien de plus. Cette resituation est une évidence, pourtant l’occupant l’a fait oublier au plus grand nombre, y compris à nombre de nos chefs d’entreprises. L’ayant ainsi repositionné dans son contexte, on s’aperçoit que la Corse n’est pas un rocher au bout du monde, mais au contraire un point central, que l’occupant a transformé en vide, à l’immédiate proximité des grands axes d’échanges européens : « L’Arc Méditerranéen » articulation Est-Ouest de l’Europe, dont la Corse est la corde ;

 et la « Banane Lotharingienne », articulation Nord-Sud de l’Europe, dont la Corse se trouve être dans le prolongement de sa pointe extrême méridionale.

Notre stratégie en termes d’interlocuteurs immédiats (sans en exclure d’autres) se situe d’évidence dans ces axes. Notre politique ne peut être que l’agrégation à ces derniers en les attirant vers nous. Cela passe par une maîtrise de nos moyens d’échanges : transports, mais également secteur bancaire, grande distribution, prestations de services liées aux tour-opérateurs. Cela passe également par un choix clair et durable d’incitation fiscale, seul à même de rassurer et d’inciter à la curiosité ces partenaires, ces flux financiers, pour qu’ils s’intéressent à nous, et que nous nous intégrions à leurs circuits. Ainsi, que cela plaise ou non, notre position et notre taille, nous dictent nos choix fondamentaux.

3. FAIRE DE LA PETITESSE UN GRAND ATOUT :

La Corse n’est pas une grande puissance, pas même une puissance très moyenne, type France ; Elle n’est pas non plus un « petit » Etat, type Irlande, Belgique ou Danemark. La Corse est un micro-Etat, tel qu’il en existe déjà 9 en Europe, et 43 dans le monde, et plus encore si l’on comptabilise les territoires quasi indépendants, de taille proche et le plus souvent inférieure ou de population équivalente à la Corse.

Nous ne sommes donc pas les premiers, et nous ne serons pas les derniers sur ce chemin. Nos « modèles », si tant est que quelque état que ce soit puisse être un modèle, se trouvent vers Gibraltar, Man, Jersey et Guernesey, Liechtenstein, Luxembourg etc. En conséquence la Corse doit privilégier deux processus de développement :

A. PRIVILÉGIER SES POTENTIALITÉS INTERNES :

La Corse doit développer les secteurs où elle dispose d’un véritable avantage et tourner le dos aux folies des grandeurs à la française ; Il faut faire preuve d’humilité ! Axons-nous sur nos besoins immédiats d’abord, avant de rêver du grand large et « d’exportation » :

  1.  En développant son secteur agro-sylvo-pastoral, dans la double optique de l’autosuffisance et des produits identitaires et biologiques ;
  2.  En misant sur son potentiel touristique ;
  3.  En créant un secteur industriel du recyclage et du traitement des pollutions ;

d. En redéployant sa production énergétique en fonction de ses ressources propres

  1.  En recréant un secteur secondaire, étroitement lié et comme un prolongement des quatre précédents, afin d’augmenter la valeur ajoutée de ses produits, et non comme rêves insensés d’industrialisation massive.
  2. A côté de ces 5 orientations minimales indispensables, il y a également la place pour le développement de quelques secteurs de pointes ou innovants. D’une manière générale en effet, les choix stratégiques ne doivent pas nous interdire de manière doctrinaire le défrichage d’autres pistes. La liberté d’entreprendre doit être la règle, et le soutien de celui qui ose sortir des sentiers battus, une philosophie.

Ce qui est par contre illusoire, voire complètement délirant, c’est d’imaginer des schémas d’industrialisation massive où l’activité se mesure à la tonne d’acier, et au nombre de tracteurs ou de chars d’assaut, partir à la conquête des grands marchés et des gros contrats ! (Une industrie lourde ? Financée par qui ? Pour faire travailler qui ? Et pour vendre à qui ?).  Ce rappel est nécessaire car malgré l’absurdité d’un tel scénario, il y en a encore, même en Corse, pour penser ainsi, et comme c’est complètement irréaliste et anachronique, ils se servent de leur propre incohérence pour décréter l’impossibilité de l’indépendance. Sur ce point au moins ils ont raison : la Corse indépendante n’est pas viable dans un tel scénario, c’est bien pour cela qu’il nous faut affirmer clairement que ce n’est pas cela que nous voulons.

B. SE CRÉER DES ATOUTS EN SE LIBÉRANT DES TABOUS INCULQUÉS PAR L’OCCUPANT :

La Corse enfin souveraine, c’est à dire indépendante, doit créer de toute pièce un secteur financier, en transformant en atout ce qui lui a toujours été mensongèrement enseigné comme étant sa tare congénitale : son insularité et sa « petite » taille. Transformer  le « handicap » en atout, c’est privilégier des choix fiscaux et légaux incitatifs. Les jaloux, c’est à dire les Etats trop gros pour y avoir franchement recours eux-mêmes, appellent ça les « paradis fiscaux », ce qui n’empêche pas leurs « élites« , c’est à dire ceux qui nous font la leçon, d’en profiter sans scrupule, c’est ce qui s’appelle  communément « l’évasion fiscale« .

Bien plus, ils n’hésitent pas à créer pour leur seul profit, sur leur « territoire » ce qu’ils jugent immoral pour nous ; C’est ainsi que Paris est une place OfShore pour les sièges de multinationales, Saint Martin un paradis pour spéculateurs immobiliers, et Kerguelen un paradis pour armateurs français. Comme le démontre TOPAZE, les belles règles moralisatrices du style « l’argent ne fait pas le bonheur » ou « bien mal acquis ne profite jamais » sont des sentences inventées par les riches pour empêcher les pauvres de regarder dans la bonne direction.

Un autre argument, tout aussi malhonnête, consiste à agiter l’épouvantail de « Tanger ! », ou « Cuba ! » (Avant Castro évidement). Ils omettent de dire que les situations des territoires qu’ils citent en référence, étaient celles de colonies de fait ou un statut résultant d’un accord international imposé, sans aucun souci ou participation des populations concernées. A l’inverse, vous chercheriez en vain dans les rues de Luxembourg, Vaduz, Saint-Hélier ou Georgetown, cette vision de Sodome et Gomorrhe qui, voudrait-t-on nous faire croire, s’attacherait à ce type d’Etat.

Paradis fiscal, qu’est ce que cela signifie ?

  1.  C’est simplement dire que mieux vaut percevoir 1 ou 2 % d’impôt sur les bénéfices de milliers d’entreprises « domiciliées » en Corse, que de ruiner par des prélèvements aberrants les 5 à 600 entreprises qui survivent de plus en plus mal en Corse. Ce qui n’a rien à voir avec le statut des salariés de ces mêmes entreprises, c’est même le contraire car c’est en découplant « imposition de l’entreprise » et « conditions sociales » que l’on protège le mieux ces dernières. Au demeurant, quand certaines entreprises françaises, publiques ou privées (SNCM par exemple), font leurs profits sur le dos de la Corse, mais règlent leurs impôts à leur siège social (Paris ou Marseille), l’occupant ne nous applique t-il pas la même astuce, mais à nos dépens.
  2.  C’est également dire que mieux vaut garantir un secret bancaire chez nous que de voir notre épargne aller enrichir le secteur financier de l’occupant…  ou d’autres paradis fiscaux. Et si d’autres capitaux veulent en profiter et ainsi participer à notre développement, pourquoi pas.
  3.  C’est dire aussi que si des compagnies internationales ou des propriétaires de yacht veulent immatriculer leurs bâtiments ou aéronefs en Corse en contrepartie du versement d’une taxe plus basse que chez eux, pourquoi s’y refuser. La plaisance a été développée, sans notre avis, chez nous mais les retombées en sont marginales, transformons là aussi le mal en bien.

  1.  En fait cette énumération n’est qu’indicative, car à côté de ces exemples très classiques, il existe mille et une manières d’envisager ces dispositifs, et ce sera le travail d’une commission d’experts en droit du commerce international que d’élaborer les scenarii les plus à même d’intéresser, et donc de drainer les flux financiers vers et au profit de notre peuple. Car ce qui compte c’est ce dernier point, l’important ce n’est pas de drainer l’argent pour l’argent, mais l’argent pour quoi faire, et pour bénéficier à qui ? Au  bien être du plus grand nombre pas à quelques-uns uns ou aux intérêts d’un occupant.

C. ET D’AUTRES PISTES À ENVISAGER :

Enfin il existe d’autres orientations, qui n’ont rien à voir, quoi qu’en disent les « agitateurs d’épouvantails », avec la notion de paradis fiscal. C’est même son opposée puisqu’il s’agit dans certains cas, d’activités à forte taxation. Elles peuvent être des sources d’appoints non négligeables pour un petit pays.

a. Les Tabacs et l’alcool :

Cette activité est déjà plus classique en Corse (Job Bastos), il faudrait lui redonner son importance perdue. Il convient ici de s’interroger sur les entraves de l’occupant à la culture du tabac en Corse. Si c’est si malhonnête, pourquoi le fait il chez lui, idem pour les boissons alcoolisées.

b. Les Timbres :

La philatélie est une activité modeste mais qui demeure une rentrée de devises étrangères non négligeable pour tous les petits Etats. Cette activité participe également de « l’exotisme touristique »  et a un effet d’entraînement sur la vente des cartes postales, filière qu’il faut également maîtriser.

c. Les « Niches » légales :

Bien avant les jeux, le Nevada avait développé une activité autour des facilités en matière de mariage et de divorce. Actuellement la Slovénie a élaboré une législation qui permet, moyennant versement de frais d’enregistrement, de changer légalement de Patronyme en toute Liberté. Dans le même ordre d’idée, il appartient de faire preuve d’imagination créatrice, d’y greffer une filière et de l’exploiter au mieux.

d. La location du site de Solenzara :

Le site existe déjà malheureusement, mais aujourd’hui la seule chose que rapporte cette installation, ce sont des nuisances, et des risques de représailles de la part de peuples agressés par la France. A titre d’information la location d’une seule base en Turquie qui permet aux américains d’intervenir sur le théâtre du Kurdistan irakien représente quatre fois le budget de la Collectivité Territoriale de Corse (hors « continuité territoriale » dont on sait que presque tout repart vers la France), un loyer de 3 à 4 milliards est dans le domaine du raisonnable. Puisque la « Défense » de la Corse (ils font semblant d’oublier que la France n’a jamais défendu la Corse, mais s’est par contre abondamment servie des corses pour se défendre elle-même) est un argument anti-indépendantiste, faisons de cette enclave un argument contraire, une source de profit et de protection internationale, au même titre que tous les états de l’Europe de l’Est qui demandent leur adhésion à l’OTAN pour se prémunir du retour de l’ancien occupant.

e. Les Jeux :

Cette activité est le contraire d’une activité détaxée, et donc l’antithèse du paradis fiscal. Elle serait selon certains la fin du monde ; Il me semble bien pourtant que dans leur pays les casinos et les machines à sous ne sont pas si rares que ça. Raisonnons donc en économiste plutôt qu’en Tartuffe idéologue. Si ce secteur garanti à l’Etat fédéral le versement de 45% de ses bénéfices en rentrée fiscale ; si ce secteur nous garantit également que tous les employés seront recrutés sur place, pourquoi l’Etat corse ne garantirait-il pas à son tour le libre exercice de ce type d’activité, dans la limite du respect du droit pénal et des dispositions relatives à la protection de la jeunesse.

4. UNE RECONSTRUCTION ÉCONOMIQUE EN DEUX TEMPS ET DEUX SECTEURS COMPLÉMENTAIRES

L’analyse des pages précédentes de doit pas induire en erreur. En effet le scénario d’ouverture et de fiscalité incitative ne se conçoit que dans une Corse indépendante sans que l’on ne puisse rien espérer de positif avant. Il faut donc envisager une phase de reconstruction sous occupation, et à même de contribuer à l’accession à l’indépendance.

 A. L’ÉCONOMIE SOCIALE DE MARCHÉ SOUS OCCUPATION

Ce sera la mission essentielle de la stratégie alternative d’Assemblée Nationale Provisoire, que de mettre en place un processus type « Mondragon »   en l’adaptant  à notre cas, il faut pour cela :

  1.  Collecter les fonds nécessaires, et seule une assemblée démocratique a ce pouvoir sans que la propagande ennemie puisse objecter l’argument du « racket« , et en suivre l’utilisation (cela implique également une stratégie de résistance civile avec refus de payer les impôts à l’ennemi, impôt que nous qualifierions de racket) ; Emettre timbres, passeports et toutes formes d’activité qui permettent la promotion de l’idée d’une Corse Indépendante tout en faisant rentrer des fonds.
  2.  Réorienter l’Université dans une optique (type Ecole Professionnelle Polytechnique) pépinière d’entreprise, coop. ou non, mais solidaires et liées par une structure bancaire commune.

  1.  Ne pas attendre de l’ennemi qu’il sauve notre langue, donc créer le réseau scolaire parallèle nécessaire, et par-là remobiliser les « culturels » et ne pas perdre son temps dans une démarche consistant à lui demander de nous donner les moyens de le chasser..
  2.   Mobiliser l’épargne à la fois en direction des créations d’entreprise, mais  aussi en gardant comme but l’édification d’une Corse indépendante à terme, argument notamment pour attirer les partenaires investisseurs internationaux, en créant une structure bancaire nationale, domiciliée ailleurs en Europe si la France y fait entrave, car le droit européen nous le permet désormais. (Cette banque ne doit pas être une usine à endettement mais un partenaire type CLP qui étudie, forme et suit les entreprises qu’elle finance).

e. Ne pas se focaliser sur l’idée coopérative à tout prix, et s’il le faut, créer des sociétés (SARL, Société en commandite, joint-venture), ne pas reculer à l’idée d’investisseurs extérieurs, mais au contraire les inclure dans la dynamique générale.

  1.  Se doter d’un moyen d’expression : agence de presse, sites internet, quotidiens et magazines, radio  ou télé, périphériques ou par le biais d’un satellite étranger.
  2.  Permettre en définitive ;

                D’une part le sevrage progressif de l’assistanat qui a fait de notre peuple des drogués de l’administration, de la pension, de la prime et de la subvention, faute d’autres alternatives pour sa survie ;

                 Et d’autre part se donner les moyens, en termes financiers et en termes humains, de mettre en œuvre la transition entre une économie dépendante à 90% et orientée presque exclusivement vers l’occupant, et une économie indépendante et redéployée vers le marché international.

 B. L’ECONOMIE DE TRANSITION

Dans la phase de transition, c’est à dire la période d’accession à l’indépendance et les 10 ou 20 années qui suivent, les séquelles de 230 ans de destruction économique et de démotivation du peuple continueront à se faire sentir (il suffit d’observer les pays sortant d’un demi-siècle de communisme pour comprendre). Parallèlement, les choix fiscaux mettront un certain délai avant de se traduire concrètement. Même si on peut espérer un décollage des investissements relativement rapide, il faudra plus de temps pour que la rentrée fiscale nécessaire au maintien de prestation sociale d’un niveau acceptable parvienne à un seuil suffisant.

Le passage à la fiscalité incitative se fera donc par étapes, et il faut avoir le courage de dire que les premières années nécessiteront des décisions difficiles, en termes de redéploiements des personnels et en termes de prélèvements fiscaux, et de prestations sociales.

C’est dans cette période que l’économie sociale de marché prendra tout son sens. Le réseau coopératif sera au centre du dispositif. L’état fédéral devra en outre intervenir fréquemment sur le marché pour créer, le plus souvent ex-nihilo, les activités les plus indispensables dans des secteurs que l’occupant a détruit.

Cette intervention pourra se faire par le biais de nouvelles coopératives, de contrats de concession, joint venture avec des partenaires extérieurs, ouverture de secteur particulier à l’investissement étranger ou au contraire, protections douanières d’autres secteurs, société d’économie mixte, société nationale etc.

C. LA TRANSITION FACE A  L’EUROPE ET LA QUESTION DE LA MONNAIE

Juridiquement, se séparer d’un Etat membre de l’Union Européenne entraîne le retrait de cette même Union. Contrairement à certaines vues simplistes, ne pas faire partie de l’Union ne signifie pas, n’avoir aucun lien ou échange avec l’Europe. La Norvège et la Suisse ont refusé d’entrer dans l’Union, et les micro-Etats (dont nous entendons nous inspirer). Ils se gardent bien de demander leur adhésion. Ils continuent cependant d’effectuer la quasi-totalité de leurs échanges avec cette même Union. En outre, des traités d’association ou des conventions sont toujours possibles.

La question fondamentale est : Voulons nous édifier cette économie telle qu’exposée dans ce document, oui ou non ?Il faut savoir qu’être membre entraîne des contraintes, celles ci ne nous permettront ni d’avoir recours à cette fiscalité incitative, seule à même de nous conduire vers un équilibre budgétaire et monétaire, ni de protéger nos productions dans leur phase de reconstruction et de décollage (cf. théorie de List).

Parallèlement les « subventions de Bruxelles » iront en se réduisant au fur à mesure de l’extension de l’Union vers l’Est.

Quant à d’éventuelles dérogations, elles sont toujours envisageables, car tout est négociable, mais elles seront de courte durée, et soyons réalistes, avant d’avoir reconstruit notre économie, qu’avons à offrir à l’Union en contrepartie de ses « largesses », et ce qu’elle voudrait prendre éventuellement, sommes-nous près à la lui abandonner.

Donc demeurer dans l’Union suppose au préalable la détermination de choix fondamentaux.

Le choix de la monnaie découle également des choix effectués en amont :

  1.  Soit l’Euro, mais il faut être en mesure de se conformer aux critères de convergences, et dans la phase de transition nous ne le serons pas ;
  2.   Soit une monnaie nationale qu’il faudra s’efforcer de coller à l’Euro par un taux de change fixe ;
  3.  Soit la monnaie d’un autre Etat, éventuellement avec des « motifs imprimés » différents moyennant une convention avec cet état ou entité. Ex: Monaco utilise le Franc français ; Liechtenstein le Franc suisse ; Andorre Franc français et Peseta ; Luxembourg une monnaie commune Belgo-Luxembourgeoise ;Vatican et San Marino la Lire ; Man, Jersey et Guernesey le Pound. Reste alors à se déterminer entre l’Euro et le Dollar. De toute façon, le choix de rester en dehors de l’Union et de l’Euro pendant la phase de transition, ne fait pas obstacle à une adhésion ultérieure, mais bien plus tard, quand nous auront rebâti notre économie. Ce sera aux générations futures de se déterminer.
 

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